L'Australie, l'Irak et 4 autres équipes d'Asie sont à la Coupe du Monde. Voici où Montréal mange.
Six équipes de l'AFC se sont qualifiées pour la Coupe du Monde 2026. Certaines ont de vrais coins à Montréal. D'autres ont d'honnêtes lacunes. De la dolma irakienne à Ahuntsic au mandi yéménite du Plateau aux tourtières australiennes du Mile End, la carte de la diaspora pour le côté asiatique du tableau.
Publié le
Six équipes de la Confédération asiatique de football ont fait la Coupe du Monde 2026. Australie. Irak. Jordanie. Qatar. Arabie saoudite. Ouzbékistan. Le tournoi se joue du 11 juin au 19 juillet 2026 au Canada, aux États-Unis et au Mexique, avec douze groupes de quatre. Pour Montréal, la plupart des matchs de l'AFC vont être diffusés le matin et tôt l'après-midi, ce qui veut dire des tables du midi, pas des additions de fin de soirée.
Les diasporas asiatiques de Montréal sont inégales. Le corridor levantin sur Saint-Laurent et les cuisines halal du Moyen-Orient le long de Sherbrooke Ouest couvrent l'Irak, la Jordanie et les pays du Golfe avec une vraie profondeur. La cuisine d'Asie centrale a une seule table honnête à Ahuntsic. L'Australie n'a quasiment aucune présence, et la ville est honnête là-dessus. Ce qui suit est une lecture équipe par équipe, avec la cuisine montréalaise la plus proche pour chacune.
Australie. Les Socceroos sont un qualifié de milieu de tableau avec un milieu de terrain en transition. Aaron Mooy a pris sa retraite, et la nouvelle génération n'a pas encore été testée à ce niveau. Une sortie en phase de groupes est plus probable qu'un parcours en éliminatoires, même si l'équipe a la discipline et la structure tactique de Tony Popovic sur laquelle s'appuyer, après sa prise de poste fin 2024 en remplacement de Graham Arnold. Les attentes sont modestes. La diaspora football australienne à Montréal sera surtout des expats qui regardent les coups d'envoi matinaux dans les pubs du centre-ville, puisque la ville n'a pas de vraie cuisine australienne à proprement parler. La seule exception honnête est Ta Pies sur Avenue du Parc dans le Mile End, le comptoir à tourtières néo-zélandaises et australiennes fondé par le chef kiwi Don Hudson en 2010. Le commerce a changé de mains en 2025 et certains habitués de longue date trouvent que l'étalage d'importations est plus mince qu'avant, mais les steak-and-cheese, butter chicken et carrés lamington sortent encore du four et la moyenne tient à ★4,8 sur des centaines d'avis. C'est ce qui se rapproche le plus d'un comptoir à tourtières de Sydney à Montréal.
Irak. Les Lions de Mésopotamie se sont qualifiés pour leur première Coupe du Monde depuis 1986, un écart de quarante ans qui a façonné toute une génération de fans irakiens qui n'ont jamais regardé que la Coupe d'Asie. L'équipe joue un football défensif et organisé sous Graham Arnold, l'ancien sélectionneur de l'Australie qui a pris le poste irakien en 2025 et a traîné une équipe de longue souffrance jusqu'à la qualification. Ils vont se replier, défendre la surface, et chercher des coups de pied arrêtés. Une sortie en phase de groupes est probable, mais ils seront durs à battre. Le Montréal irakien est petit, et la majorité de la cuisine se fait à la maison. La seule salle dédiée est Feenah Takeout sur le boulevard Saint-Laurent à Ahuntsic, une cuisine familiale où la dolma (feuilles de vigne farcies de bœuf haché aigre-doux et riz) est le plat à commander. Le masgouf, le poisson de rivière grillé qui est l'obsession nationale irakienne, est quasi impossible à trouver en version resto à Montréal. Les Irakiens le cuisinent à la maison ou attendent les voyages de retour.
Jordanie. Al-Nashama s'est qualifié pour sa toute première Coupe du Monde après avoir atteint la finale de la Coupe d'Asie 2024. C'est le choix surprise du tableau de l'AFC. L'équipe est tactiquement disciplinée, physiquement organisée et pleine de confiance après le parcours en Coupe d'Asie. Une surprise en phase de groupes est dans le coup. Le Montréal jordanien est petit, et il n'y a pas de salle jordanienne dédiée en ville. Ce qui se rapproche le plus, c'est le mansaf, le plat national d'agneau cuit dans du yogourt fermenté et servi sur du riz avec des pignons de pin, à Abu el Zulof sur la rue Crescent au centre-ville. La salle penche libano-syrienne mais le mansaf est au menu et les portions sont taillées pour partager. Pour une soirée levantine plus raffinée qui couvre la même carte de saveurs sans le nom du plat, Damas sur l'avenue Van Horne à Outremont est la table syrienne reconnue par le Michelin de la ville.
Qatar. Les hôtes de 2022 ont eu un bilan décevant à leur propre tournoi, perdant les trois matchs de groupes. La campagne 2026 est un projet de reconstruction de réputation, et l'équipe s'est rebâtie sous Julen Lopetegui après que Tintín Márquez et Luis García ont eu des passages plus courts sur le banc. L'effectif est technique, bien financé, et déterminé à prouver que le résultat de 2022 était une anomalie. Une sortie en phase de groupes reste l'issue la plus probable, mais ils seront plus compétitifs. La cuisine de diaspora qatarie n'est pas une chose à Montréal, et tout article honnête va le dire. Le croisement le plus proche est la tradition arabe du Golfe pour le riz, que le Qatar partage avec l'Arabie saoudite, les Émirats et le Yémen. Le machboos, plat national qatari, est cousin du mandi yéménite et du kabsa saoudien. La salle du Golfe la plus authentique à Montréal est Mazbi sur Saint-Denis dans le Plateau, une cuisine yéménite qui sert du poulet mazbi grillé à la pierre, de l'agneau mandi et de la kunafa. Ce n'est pas qatari, mais c'est ce que la ville a de plus proche.
Arabie saoudite. Les Faucons verts ont stupéfié l'Argentine au match d'ouverture de la Coupe du Monde 2022, et l'effectif a continué de progresser depuis. Roberto Mancini a apporté une structure tactique européenne entre 2023 et 2024 avant son départ. Hervé Renard est revenu par intérim durant les qualifications, et Christos Donis a pris le poste permanent avant le tournoi. Les grosses dépenses de la Saudi Pro League ont gardé les joueurs locaux motivés. L'effectif 2026 sera l'une des plus fortes équipes de l'AFC. Un parcours jusqu'aux huitièmes est plausible. La cuisine de diaspora saoudienne à Montréal est, encore une fois, quasi invisible en tant que cuisine autonome, et la tradition du kabsa se croise avec le reste du Golfe. Mazbi couvre le terrain authentique le plus proche. Une petite opération nommée Kabsa Mahdi and Biryani existe à Lachine et sert le plat sous son nom propre, même si elle fonctionne comme une cuisine surtout pour livraison avec peu de places sur place. Si tu veux le plat, l'option à emporter est réelle.
Ouzbékistan. Les Loups blancs se sont qualifiés pour leur toute première Coupe du Monde. L'effectif est une quantité inconnue en dehors des cercles du football asiatique. Ils sont techniques, patients, et bâtis autour du milieu de terrain. La phase de groupes sera le test, et les attentes sont pragmatiques. Y être, c'est l'exploit. La communauté ouzbèke de Montréal est petite, et la ville n'a rien qui ressemble à la scène ouzbèke de Brighton Beach à New York ou aux restos Tashkent de Toronto. La seule salle honnête est Kalabok à Ahuntsic-Cartierville, une cuisine halal d'Europe de l'Est et d'Asie centrale sur le boulevard Laurentien. Le plov, plat national de riz-agneau-carotte de l'Ouzbékistan, est au menu aux côtés des samsa, manty et pelmeni. La salle est modeste et la cuisine est directe. Pour la cuisine ouzbèke à Montréal, c'est la table.
Le tableau asiatique de la Coupe du Monde 2026 est plus large que d'habitude, avec deux débutants (Jordanie, Ouzbékistan), un revenant longtemps absent (Irak), un hôte en reconstruction (Qatar), un poids lourd en progression (Arabie saoudite), et un qualifié vétéran de milieu de tableau (Australie). Montréal couvre le tableau de façon inégale, avec les cuisines levantines et arabes du Golfe qui portent la majeure partie du poids et les coins d'Asie centrale et australien remplis par des salles uniques. Choisis l'équipe. Choisis la table. Les matchs vont jouer tôt. La cuisine sera prête.
Questions fréquentes
Où les Montréalais d'origine asiatique se rassemblent-ils pendant la Coupe du Monde 2026?
Ça dépend de l'équipe. Les fans irakiens et levantins se regroupent sur Saint-Laurent à Ahuntsic et le long du corridor halal de Sherbrooke Ouest. Les fans des pays du Golfe vont au Plateau pour le mandi à la yéménite. Les fans australiens, ceux qui existent, regardent dans les cafés du Mile End ou les pubs du centre-ville avec les diffusions du matin. Les fans ouzbeks, une petite communauté, tendent vers Ahuntsic-Cartierville pour les cuisines halal d'Asie centrale.
À quelle heure les matchs de l'AFC seront-ils diffusés à Montréal?
La plupart des matchs de l'AFC vont jouer le matin heure de Montréal, puisque le tournoi est accueilli au Canada, aux États-Unis et au Mexique. Les coups d'envoi des phases de groupes pour les équipes dans les villes hôtes des fuseaux Est et Centre vont tomber entre 11h et 21h heure locale. Les fans asiatiques peuvent s'attendre à une ambiance de foule du midi dans la plupart des cuisines de diaspora plutôt qu'une ambiance de fin de soirée.
Qu'est-ce qui unit les cuisines arabes du Golfe à Montréal?
Le riz. Épicé, en couches, cuit sous ou à côté de l'agneau, du poulet ou du poisson. Le machboos qatari, le kabsa saoudien, le mandi et le mazbi yéménites, et le majboos émirati partagent tous la lime séchée, la cardamome, la cannelle et une main lourde sur l'oignon caramélisé. À Montréal, la table du Golfe la plus authentique penche yéménite, puisque les cuisines de diaspora qatarie et saoudienne ne sont pas autonomes en ville. Mazbi sur Saint-Denis couvre ce terrain.
Y a-t-il une vraie cuisine d'Asie centrale à Montréal?
Moins qu'à Toronto ou New York, où les communautés ouzbèke et tadjike font tourner des salles dédiées. À Montréal, la diaspora est petite. Kalabok à Ahuntsic-Cartierville est ce qu'on a de plus proche d'une vraie table d'Asie centrale, avec le plov, les samsa, les manty et les pelmeni sur le même menu. La salle est modeste, la cuisine est honnête, et les prix sont justes.