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L'Équateur, le Paraguay et l'Uruguay sont à la Coupe du Monde. Voici où Montréal mange.

Trois équipes sud-américaines à la Coupe du Monde 2026, trois histoires montréalaises différentes. Une a sa propre salle, une a le corridor pan-latin, une a la cuisine maison. Carte honnête pour les soirs de match.

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L'Équateur, le Paraguay et l'Uruguay sont à la Coupe du Monde. Voici où Montréal mange.
Photo Kari Alfonso · Pexels

Le trio du Cône Sud qui a confirmé sa place à la Coupe du Monde 2026 n'est pas celui que la plupart des amateurs nommeront en premier. L'Argentine et le Brésil aspirent tout l'oxygène dans n'importe quelle conversation CONMEBOL. Mais l'Équateur a fini deuxième des qualifications sud-américaines, l'Uruguay a atterri dans le haut du tableau aux points, et le Paraguay s'est griffé un retour au tournoi après avoir raté 2018 et 2022. Trois équipes. Trois sélections sérieuses sans bruit. Le tirage des groupes tombe le 5 décembre 2025 à Washington, D.C., et le tournoi va du 11 juin au 19 juillet 2026 au Canada, aux États-Unis et au Mexique.

L'angle montréalais est plus compliqué que le football. Aucune de ces trois diasporas n'a une empreinte restaurant profonde ici. L'Équateur a la plus grande visibilité dans l'assiette, le Paraguay quasiment aucune, l'Uruguay quelque part entre les deux avec un plat signature qui flotte sur les menus pan-latins. La lecture honnête, c'est que l'histoire culinaire latino-américaine de Montréal passe par une poignée de salles dédiées et le corridor Saint-Laurent que les locaux appellent la Petite Amérique latine. Le côté Saint-Denis du Plateau reste majoritairement québécois et français. La communauté latine se concentre plus au nord, entre Jean-Talon et Beaubien sur Saint-Laurent, avec des cevicherías et des épiceries-comptoirs dispersées à Côte-des-Neiges et dans le sud-ouest.

Équateur. La Tri a terminé deuxième des qualifications CONMEBOL avec le plus petit total de buts encaissés du groupe, derrière l'Argentine aux points. Moisés Caicedo dirige le milieu. Sebastián Beccacece coache une équipe qui ne donne pas grand-chose et qui attend pour punir. Le huitième de finale est le plancher. Un quart de finale reste sur la table si le tableau coopère. Surveille les défenseurs centraux Piero Hincapié et Willian Pacho. La colonne, c'est ça l'histoire.

À Montréal, la communauté équatorienne est petite mais assez présente pour soutenir une salle dédiée. La Hueca by Masa au Faubourg Sainte-Catherine au centre-ville, c'est l'adresse. Cadre street-food, avec encebollado (thon et yucca dans un bouillon tomate-oignon que les locaux traitent comme une assurance lendemain de veille), ceviches, salchipapa et viandes grillées. Le décor du Faubourg, c'est un comptoir de mall au centre-ville, pas une salle destination, mais la cuisine est vraie et les portions sont généreuses. Pour le hornado (porc à l'épaule rôti longuement), la réponse à Montréal reste une cuisine maison, pas un menu.

Paraguay. La Albirroja revient à une Coupe du Monde pour la première fois depuis 2010, après avoir raté 2014, 2018 et 2022. Le sélectionneur argentin Gustavo Alfaro a pris le poste en 2024 et a reconstruit la discipline et l'identité de l'équipe en moins de deux ans. La campagne de qualification a été du genre patient. Blocs serrés, balles arrêtées, et juste assez devant. L'effectif est défensif et tactique avec Antonio Sanabria en pointe et Miguel Almirón le nom le plus familier au public nord-américain. La phase de groupe est le test. Tout ce qui dépasse, c'est du bonus.

Le Paraguay n'a quasiment aucune présence culinaire dédiée à Montréal. La sopa paraguaya, malgré son nom, est un pain de maïs dense au fromage, pas une soupe. La chipa est le cousin pain-fromage qui voyage bien. Les deux sont de la cuisine maison, pas de la cuisine menu, et tu ne les trouveras pas sur une carte de resto montréalais en 2026. La solution de repli, c'est le comptoir pan-latin de Sabor Latino sur Saint-Laurent, où le côté épicerie est la vraie ouverture. Prends du queso fresco, de la masa et du yerba mate, et cuisine le pain de maïs toi-même pour le match. La diaspora paraguayenne d'ici fait surtout la même chose.

Uruguay. La Celeste est en transition générationnelle. Edinson Cavani a pris sa retraite internationale. Luis Suárez a reculé. José Giménez porte le brassard, Federico Valverde tient le milieu, et Darwin Núñez, Manuel Ugarte et Ronald Araújo composent le nouveau noyau. Marcelo Bielsa coache. La défaite 5-1 contre les États-Unis en novembre 2025 a secoué le projet, mais Bielsa a gardé son poste et l'effectif est bâti pour un parcours profond. Le quart de finale est le plafond réaliste. Les demi-finales ne sont pas folles.

L'Uruguay n'a aucun resto dédié à Montréal. Le sandwich chivito (churrasco, jambon, mozzarella, œuf, laitue, tomate, olives, mayo dans un pain mou) est la carte de visite et il apparaît en plat invité sur quelques menus pan-latins et d'inspiration argentine, jamais comme salle à part entière. L'asado avec touche uruguayenne arrive au plus proche dans les grills argentins de Verdun et de Côte-des-Neiges. La culture du mate, par contre, est bien vivante. Marche au parc Lafontaine ou au parc Jarry un dimanche d'été et tu vas voir la calebasse et le thermos dans les groupes familiaux latins. C'est ce qui se rapproche le plus d'un dimanche uruguayen à Montréal.

Aucun de ces trois trios ne fait une liste de restos propre. C'est ça la partie honnête. La Hueca est la seule adresse avec une cuisine dédiée à travers les trois drapeaux. Sabor Latino est l'hybride épicerie-comptoir qui comble le manque pour les plats qui n'ont pas encore de maison-menu à Montréal. Les salles argentines (Beba, Sabrosa, les comptoirs d'empanadas de l'avenue Victoria) couvrent les angles asado et parrilla pour les soirs de match du Paraguay et de l'Uruguay. Pour le reste, la réponse montréalaise, c'est une cuisine maison, une invitation d'ami, et un écran branché sur le diffuseur qui a les droits. Apporte un mate si t'en as un.

Questions fréquentes

Où les Sud-Américains se rassemblent-ils à Montréal pendant la Coupe du Monde?

Les plus grosses foules atterrissent dans les restos du Vieux-Port, les bars à cocktails du Plateau et le corridor Saint-Laurent entre Jean-Talon et Beaubien, parfois appelé la Petite Amérique latine. Les jours de match argentins et brésiliens remplissent les plus grandes salles. Les matchs de l'Équateur, du Paraguay et de l'Uruguay se regardent plutôt dans des petits comptoirs pan-latins et à la maison.

Quelle est la différence entre l'asado argentin, uruguayen et paraguayen?

Les trois, c'est du bœuf au feu de bois. L'asado argentin va long et lent avec chimichurri et plus de coupes. L'asado uruguayen utilise une technique proche, mais le chivito sandwich en est la vedette à table. L'asado paraguayen arrive souvent avec la sopa paraguaya, un pain de maïs dense au fromage, et de la chipa à côté. L'assaisonnement reste léger partout. Le sel, la fumée et le temps font le travail.

Où trouve-t-on des chivitos à Montréal?

Aucune salle uruguayenne dédiée à Montréal en 2026. Le chivito apparaît en plat invité sur quelques menus pan-latins et d'inspiration argentine, souvent monté avec churrasco, jambon, fromage, œuf, laitue, tomate et olives dans un pain mou. Le plus propre, c'est d'appeler, demander s'il est à la carte, et accepter que la cuisine maison d'un ami uruguayen reste la vraie réponse.

L'Uruguay ou l'Équateur passeront-ils au tour suivant?

Les deux ont fini les qualifications sud-américaines en bonne forme et les deux devraient passer la phase de groupe avec le format à 48 équipes. L'Équateur a encaissé le moins de buts en qualifications et s'appuie sur une colonne défensive. L'Uruguay a une génération bâtie autour du capitaine José Giménez et du milieu moteur Federico Valverde sous Marcelo Bielsa, avec une vraie chance d'atteindre les quarts. Le Paraguay revient à une Coupe du Monde pour la première fois depuis 2010, après avoir manqué 2014, 2018 et 2022, et compter sortir de la poule serait déjà une victoire.